MON HISTOIRE

 

 

 

 

 

Peut-être que depuis l'enfance, tu as dû te tordre pour entrer dans le moule. Tu t'es façonné pour correspondre à ce qu'on attendait de toi, au point de croire que c'était toi, le problème. Que ta manière d'être, de ressentir et de voir le monde était une anomalie. Le système familial, l'école, les règles invisibles... tout t'obligeait à être convenable, à te taire, à t'aligner. Alors, pour survivre, tu as refoulé cette différence. Tu as étouffé ce qui faisait sens pour toi, pensant que ta perception était fausse.

Moi, c'est exactement ce que j'ai vécu.

Tu l'as peut-être déjà partagé, ce moment où quelqu'un te dit : « Ça va, super. » Et dans ton corps, tu sens l'inverse. Ses maux à lui. Sa fatigue qu'il nie. Son poids que tu absorbes sans qu'il t'ait rien demandé. Tu hoches la tête. Tu souris. Et ensuite tu rentres chez toi te défaire de quelque chose qui n'était pas à toi.

Pendant longtemps, tu ne sais pas comment appeler ça. Tu sais juste que tu tournes sur une autre fréquence que les autres. Que l'écart entre ce que les gens affirment et ce qu'ils éprouvent, toi tu le perçois avant même d'avoir les mots pour le nommer. Et tu apprends à te taire là-dessus.

Je connais cet endroit. J'y ai grandi. Sans mode d'emploi. En faisant des concessions pour tenir dans un monde qui ne parlait pas la même langue que moi.

J'ai cherché les réponses là où tout le monde me disait de chercher. Ma tête comprenait. Quelque chose dans ma chair savait que c'était faux. Alors j'ai suivi une autre ligne. Celle qui faisait sens dans le corps.

Sur ce chemin, j'ai traversé ce que je portais dans mes gènes autant que dans ma mémoire. L'empreinte des addictions transmises. Les mémoires de l'exil. Le poids de l'abus. L'invisibilité. L'humiliation. Le rejet. L'injustice.

Je ne les ai pas traversées en en parlant. Je les ai traversées dans mon corps.

Parce que les blessures ne changent pas quand on les analyse. Elles changent quand on les traverse dans la chair. J'ai appris à utiliser mon corps comme un véhicule : modifier ce qui s'était figé, libérer ce qui avait pris possession du véhicule à ma place.

Quelque chose se défaisait dans les os. Quelque chose respirait différemment après. Et quelque chose d'autre s'est ouvert.

Là où tu en es maintenant. Tu te bats peut-être dans le silence. Dans tes relations où tu te tais, tu te contiens. Ou à l'inverse tu t'exprimes et tu imites une vie qui n'est pas la tienne. Par peur du jugement. Par peur de blesser. Parce que quelque part, tu n'as pas encore pris ce droit d'exister pleinement. Ce n'est pas un manque de volonté. C'est que personne ne t'a montré que c'était possible autrement.

Je peux t'aider à voir à quel endroit tu t'es façonné à l'autre. À quel endroit tu as eu besoin du regard extérieur pour circuler dans ta propre vie. Pas pour raconter. Pour permettre à ces fardeaux de sortir de ton corps. C'est ce chemin-là qu'on fait ensemble. Jusque dans ta chair.

 

Au fond de moi, j’ai toujours su qu’une autre société était possible. Et si tu lis ces lignes, c'est que tu le sais toi aussi. Quelque part dans ta chair, ce monde autrement fait déjà sens.

Ce n'est pas une utopie. C'est quelque chose de réel. C'est cette vérité qui est en toi, comprimée, et qui n'attend que de s'exprimer.

Un monde où tu reprends ta juste place. Pas en criant ta colère ou ta révolte, mais en laissant simplement jaillir ce que tu es. Toi qui as si longtemps tourné sur une autre fréquence, imagine un espace où l’harmonie arrive naturellement. Simplement parce qu’on arrête de se faire du mal en se mentant, en s'enfermant dans des pensées limitantes, ou en mendiant une miette d'amour alors qu'il est là, en service illimité.

L’amour ne te manque pas. C’est l’accès à ta propre vérité qui te manque.

Ce monde, tu le portes déjà dans tes cellules. Le Permis d’Exister, c’est cet accès. Pas une méthode de plus. Un retour vers ce qui était là depuis le début, sous les couches de ce qu’on t’a demandé d’être pour ne pas déranger. À partir du moment où tu te donnes cette permission, la vie se met à te soutenir. Pas comme une promesse. Comme une loi.

Marchons ensemble. Laisse cette vérité sortir.